Il y a quelques semaines, j’ai assisté à la conférence de Marie Schill, professeure agrégée des Universités en Sciences de Gestion St Etienne, sur l’engagement face au changement climatique.
J’en ressors avec une conviction renforcée : rien ne changera vraiment sans transformation humaine.

Les données sont pourtant là :
• +1,1°C de réchauffement déjà constaté,
• 123 millions de réfugiés climatiques en 2024,
• et, paradoxalement, une baisse en France de la part des personnes très préoccupées par l’environnement (35 % → 29 %).
Mais ce qui m’a le plus parlé, ce n’est pas la courbe des températures.
C’est la courbe… de nos comportements.

🔸 𝐋𝐞 𝐠𝐫𝐚𝐧𝐝 𝐝𝐞́𝐜𝐚𝐥𝐚𝐠𝐞 𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐜𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐯𝐨𝐮𝐥𝐨𝐧𝐬 𝐞𝐭 𝐜𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐟𝐚𝐢𝐬𝐨𝐧𝐬
Nous exprimons une inquiétude réelle, parfois une éco-anxiété, mais nos routines changent peu.
Parce qu’une routine n’est pas qu’un geste : c’est une sécurité, une économie d’énergie mentale, un repère.
Changer une habitude, c’est déjà un petit saut dans l’inconnu.
Et lorsque la culpabilité s’en mêle — comme ce collègue épuisé qui n’arrive plus à trier ses déchets depuis la naissance de son bébé — elle fige plus qu’elle ne mobilise.

🔸 𝐋𝐞𝐬 𝐞́𝐦𝐨𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 : 𝐝𝐞𝐬 𝐦𝐨𝐭𝐞𝐮𝐫𝐬 𝐭𝐫𝐞̀𝐬 𝐝𝐢𝐟𝐟𝐞́𝐫𝐞𝐧𝐭𝐬 𝐬𝐞𝐥𝐨𝐧 𝐜𝐡𝐚𝐜𝐮𝐧
La conférence a rappelé un point essentiel : nous ne réagissons pas tous de la même façon aux messages écologiques.
• Les émotions positives (espoir, encouragement, valorisation) mobilisent surtout les personnes déjà un peu engagées.
• Les émotions négatives (peur, culpabilité) n’agissent que sur les publics peu engagés.
• Et pour les personnes très engagées, répéter des messages alarmants crée du « ras-le-bol écologique ».
Autrement dit :
👉 la peur n’est pas un moteur universel,
👉 et l’espoir n’est pas naïf : c’est un levier stratégique.

La transition écologique n’est pas qu’une affaire de climat.
Elle est aussi une affaire de psychologie, de comportements, de relations et de capacité d’adaptation.
𝐔𝐧𝐞 𝐭𝐫𝐚𝐧𝐬𝐟𝐨𝐫𝐦𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐡𝐮𝐦𝐚𝐢𝐧𝐞, 𝐚𝐯𝐚𝐧𝐭 𝐝’𝐞̂𝐭𝐫𝐞 𝐮𝐧𝐞 𝐭𝐫𝐚𝐧𝐬𝐟𝐨𝐫𝐦𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐭𝐞𝐜𝐡𝐧𝐢𝐪𝐮𝐞.

C’est ce que j’observe chaque jour dans mes accompagnements :
pour que les organisations évoluent, il faut d’abord créer les conditions qui permettent aux personnes d’évoluer — retrouver du sens, ajuster leurs routines, apaiser leurs émotions, se sentir capables d’agir.
C’est là que se joue, très concrètement, la transition.